4. Au micro (studio, extérieur, téléphone, IP)

En studio



Soyez intransigeant par rapport aux bruits : bruit de coude, de stylo, de bracelet, de chaise…

La bouche doit être à un poing (10 cm) du micro, et vous devez si possible être l’un en face de l’autre pour bouger la tête le moins possible.

Faites des essais de micro avant.

Prévoyez des verres d’eau en studio, et de faire couper les téléphones (ou en mode vibreur).

Le casque peut gêner la spontanéité pour l’interlocuteur et le journaliste.

En extérieur

Côté enregistreurs, vous pouvez préférer un micro avec un câble, un magnétophone avec micro incorporé, voire un smartphone (dont la qualité sonore n’est pas si mauvaise. C’est pratique quand on ne peut pas faire autrement).

Vous pouvez aussi choisir d’enregistrer en stéréo les ambiances et les interviews simples en mono.

Prévoyez une bonnette Rycote (gros poils gris) en cas de vent important et méfiez-vous du bruit des gouttes sur le parapluie.



Pour le montage en extérieur, sur smartphone, si vous ne pouvez pas rentrer rapidement, vous pouvez utiliser Wetransfer, le mail (en pièce jointe) ou directement un serveur dédié pour envoyer votre interview. Des applications grand public (Skype, Facebook Messenger) et professionnelles (ReportIT) permettent de réaliser des directs avec un smartphone.

Si aucun rendez-vous n’est prévu avec la presse pendant un débat public, vous devrez faire une demande d’interview. Le cas échéant, demandez à brancher votre enregistreur directement sur la sono pour capter les interventions au lieu de prendre le son depuis les haut-parleurs.

Par téléphone, Skype, Facebook…

Si vous réalisez une interview par téléphone, utilisez un insert téléphonique qui sert à envoyer l’audio du téléphone dans la table de mixage, et votre voix dans le téléphone de l’interlocuteur.

Faites attention aux niveaux (ça sature vite) et privilégiez le téléphone fixe de la personne plutôt que son portable car le son est meilleur.

L’interlocuteur doit bien parler dans le combiné et ne pas utiliser le main-libre (pas de haut-parleur).

Vous pouvez aussi réaliser des interviews via Skype et Facebook Messenger. La qualité sonore est meilleure mais cela oblige les deux personnes d’utiliser les mêmes applications et logiciels.

Que ce soit en studio, en extérieur ou par téléphone

De bonnes questions ne font pas toujours une bonne interview si les réponses sont mauvaises et vice-versa. Il faut une homogénéité.

Dans votre introduction, donnez le nom et prénom de la personne, sa fonction, et dites pourquoi vous l’interrogez (le contexte).

Posez bien la question de départ pour le mettre en confiance et pour bien lancer l’interview (c’est le principe de l’entonnoir).

Adoptez le sourire !

Ne tournez pas autour du pot pour rallonger l’interview, mais ayez des questions d’avance par type de sujet (ex. Livres : angoisse de la page blanche, recherches historiques, etc…)

Adaptez votre ton à celui de votre interlocuteur (lui ne s’adaptera pas au vôtre).

Lâchez-vous dans votre manière de vous exprimer, donnez de la voix (mais ne criez pas).

Relancez souvent si la personne est molle ou hésitante.

Ne coupez pas la parole pour gagner en dynamique et par respect pour l’interlocuteur.

En cas d’interview par téléphone, vous et la personne vous ne vous voyez pas, donc il peut oublier qu’on l’écoute (et demander : — vous m’entendez ? – Oui, oui). Prévenez-le avant ou relancez-le régulièrement. En revanche, l’interlocuteur est moins intimidé qu’en studio car il pas de micro devant lui.

Réalisez l’entretien par téléphone tant que la personne est disponible (vous avez bien cinq petites minutes ?)

L’interview n’est pas un interrogatoire. Vous devez respecter votre interlocuteur, le flatter pour l’encourager à répondre.

Les questions fermées orientent les réponses. Elles sont à privilégier.

Posez une seule et unique question à chaque fois (pas plusieurs questions en une, sinon l’interlocuteur répondra uniquement à la dernière question).

Réussir sa conférence de presse, les trucs et astuces d'un journaliste (Christophe Pluchon)
Réussir sa conférence de presse, les trucs et astuces d’un journaliste (Christophe Pluchon)

Écoutez la réponse pour ne pas perdre le fil (et rebondir), tout en réfléchissant à la question suivante.

Si vous n’avez pas compris la réponse, dites-vous que l’auditeur ne l’a pas comprise non plus. Ayez des arguments pour expliquer pourquoi, vous qui êtes censé être au courant de l’actualité, vous n’avez pas saisi l’explication.

Ayez des arguments pour contredire votre interlocuteur.

Insistez s’il est hors-sujet.

Soignez votre vocabulaire.

Clarifiez les réponses : demandez d’expliquer les initiales, les sigles, une structure que les auditeurs ne connaissent pas (vous pouvez aussi le faire à sa place).

Attention aux liaisons (on ne dit pas vingt zeuros, quatre zœuvres, etc…)

Gare aux abus de langage (ex. Montpellier sous les eaux).

Ne donnez pas trop de chiffres (simplifiez !) car l’auditeur ne peut pas revenir en arrière contrairement à un article de journal.

Vous ne devez pas vous impliquer mais uniquement poser les questions (ex. que feriez-vous à ma place, etc), c’est-à-dire ne pas répondre à la question à la place de l’interlocuteur.

Ne dites pas : nous sommes heureux de vous recevoir si c’est un homme politique, un partenaire de votre radio, un annonceur… car vous devez rester neutre.

Ne tutoyez pas votre interlocuteur mais vouvoyez le, justement pour ne pas exclure vos auditeurs. L’interlocuteur en face n’est pas votre pote, ni celui des auditeurs.

L’auditeur doit avoir une réponse à ses questions.

Se détacher des notes nécessite de connaître son sujet pour poser les questions (il ne faut pas lire un texte).

Ne sortez pas vos connaissances de manière démesurée.

L’auditeur ne voit pas les images, peintures, photos, donc expliquez ou faites expliquer.



Share via
Copy link
Powered by Social Snap