3. Coller au terrain

Profils de personnes (liste non-exhaustive)

Attendez-vous à interroger divers types d’interlocuteurs.

L’expert qui connaît son sujet et qui répond volontiers.

L’expert mal à l’aise au micro, qui se perd dans ses explications.

L’expert mou mais qui connaît son sujet.

L’expert qui ne veut pas parler au micro alors qu’il s’est beaucoup exprimé pendant la conférence de presse ou la réunion.

L’expert qui ne veut pas parler à la radio ou à la TV, mais seulement à la presse écrite car il a peur que ses propos soient déformés.

L’expert qui parle une minute sur demande.



L’homme politique, le militant, le leader que l’on interviewe trop souvent et qui ne représente pas la base (un technicien peut avoir un discours plus concret qu’un élu pourtant incontournable dans la hiérarchie ou le protocole).

Le chargé de communication qui se retranche derrière la parole officielle.

Le témoin pris au hasard dans la foule.

L’expert qui mange ses mots, qui parle en patois ou en sigles.

La personne qui parle une langue régionale qui intéresse un média en langue régionale. Le français étant la langue de la République, il est compliqué pour les radios en langue régionale de trouver des interlocuteurs.

La personne qui s’exprime dans une langue étrangère, ou régionale, mais non-traduite en français par vous ou par un interprète.

Etc…

Comment adapter l’interview ?

Vous devez choisir le sujet et l’angle en fonction de la cible de la radio, de l’originalité, du caractère affectif ou sensationnel. Vous n’êtes pas obligé de suivre la presse écrite ni le bruit médiatique. Vous pouvez privilégier la proximité temporelle et/ou géographique.

Vous devez poser des questions simples pour une bonne compréhension de la part de l’auditeur, et pour obtenir des réponses claires de l’interlocuteur.

Ne réalisez pas d’interview si elle n’apporte rien à l’auditeur.

Vous devez soigner le vocabulaire (expliquer, rappeler les faits).

Maîtriser la durée de l’entretien que vous vous êtes fixée est essentiel.

Si vous réalisez une interview longue ou en plusieurs parties ou avec plusieurs intervenants, vous pouvez donner le plan mais ce n’est pas obligatoire.

L’interview doit être dynamique, avec le moins de temps mort possible.

Il peut être bon de garder ses questions pour le micro après une conférence de presse pour avoir des informations différentes des confrères. Dans ce cas, laissez les faire leur photo avant.

Les sources de documentation

Les communiqués de presse reçus par mail, les journaux, les réseaux sociaux, les personnes de votre connaissance, votre culture personnelle et les chargés de communication constituent des sources pour une interview.

Vous devez être réactif et au courant si l’actualité de la personne ou de la structure a changé.

Vous devez avoir fait le lien entre l’activité de la structure locale et l’actualité nationale ou internationale (pour réagir sur un sujet : la personne que vous interrogez a peut-être un avis à donner ?)



La prise de contact

Celle-ci se fait par téléphone, par mail, via les réseaux sociaux (Twitter, Facebook…), ou à l’issue d’une réunion si un sujet mérite d’être traité plus en profondeur, dans la rue lors d’une manifestation, un colloque, etc…

Le filtre des attachés de presse et des chargés de communication doit être pris en compte. Leur métier consiste à vous orienter vers le meilleur interlocuteur en fonction de votre sujet (et non pas en fonction de l’intérêt de leur entreprise ou collectivité).

Ne pas hésiter à citer vos sources (à dire à votre interlocuteur que vous souhaitez l’interviewer suite à l’article de tel journal par exemple).

Prévenir votre intervenant que vous allez interviewer d’autres personnes peut être à double tranchant si elles sont en conflit (mais ce n’est pas votre problème).

L’objectivité est essentielle : veillez à interroger les pour et les contre.

Si vous avez la personne au téléphone ou si vous l’avez déjà rencontrée ou interviewée (par exemple, au moment d’une conférence de presse), vous savez si son propos est intéressant et si elle s’exprime bien au micro.

Vous pouvez changer d’interlocuteur, d’angle, ou écrire un papier au lieu de réaliser une interview si ces éléments ne sont pas réunis.

La préparation de l’interview

C’est la base : comme dit un plus tôt, sachez-en un minimum sur le sujet que vous allez traiter ! Ne serait-ce que pour demander à votre interlocuteur d’être plus précis, voire pour le contredire (ne prenez pas ce qu’il vous dit pour argent comptant). Cela relève de la culture personnelle. Internet est un allié solide.

Prenez un temps pour préparer (ne vous jetez pas sur la personne). Ayez à l’esprit toutefois que trop de préparation tue la spontanéité.

Assurez-vous de pouvoir relire vos notes. Demandez si le discours fait doublon avec le dossier de presse s’il s’agit d’une conférence de presse (pour ne pas écrire pour rien).

Dites à l’interlocuteur combien de temps l’interview va durer et (si vous le savez) quand elle sera diffusée. Vous pourrez ainsi adapter le propos (anticiper l’actualité, par exemple une fête locale, le passage d’une loi à l’Assemblée Nationale…)

Simplifiez ou expliquez la fonction de la personne interrogée.

Prête-moi ta plume, un roman sur les stars et la radio
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Demandez à votre interlocuteur de parler pour votre auditoire (grand public ou spécialisé) en expliquant les sigles, qui sont les personnes citées…

Renseignez-vous sur la prononciation des noms de famille et de lieux pour ne pas commettre d’impair.

Privilégiez un plan et des mots-clés pour éviter le hors-sujet, et bannissez absolument les questions écrites.

Vous ne pouvez pas parler de tout, surtout en direct, avec votre interlocuteur. Faites donc des choix.

Anticipez les parties de l’interview (pensez au montage et à la diffusion), d’où l’importance de bien écouter la personne pour rebondir si elle est hors-sujet ou trop longue dans ses explications.

Accordez-vous avec l’interlocuteur pour délivrer les informations pratiques faciles à retenir comme la date, le lieu et les horaires. L’adresse du site internet de la structure doit être mémorisable (sinon, invitez les auditeurs à faire un tour sur un moteur de recherche ou sur le site internet de la radio, si l’adresse s’y trouve).



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